HISTORIQUE :


Cet imposant château, également appelé Ortenberg, se situe à 443 mètres d'altitude et domine de son allure majestueuse l'entrée du Val de Villé. Il fut certainement édifié vers 1258 par les seigneurs de Hohenberg pour le compte de leur beau-frère Rodolphe de Habsbourg

En 1291, la garde de l'Ortenbourg est confiée à l'évêque de Strasbourg Conrad de Lichtenberg. Cible du conflit qui opposait les Habsbourg à Adolphe de Nassau, empereur du Saint-Empire, le bailli impérial Othon d'Ochsenstein met le siège au château en 1293. Le siège traîne en longueur et les pertes chez les assaillants sont nombreuses car le castel est bien défendu par une puissante garnison épiscopale. De cette époque date la construction du Ramstein, château de siège destiné à en découdre avec son voisin, ce qui fut chose faite la même année. L'Ortenbourg reviendra cependant aux Habsbourg en 1298. Mais, étant financièrement sur le déclin, ils se résignèrent à le vendre à Henri de Mullenheim en 1314. Le castel restera dans le giron de ces derniers pendant les deux cents ans à venir.

Vers le milieu du XVe siècle, le château est devenu un repaire de brigands et malgré le siège mené par l'évêque de Strasbourg en 1461 les exactions ne cessent aucunement. Finalement, c'est Pierre de Hagenbach, bailli du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui viendra y mettre bon ordre en s'emparant du château en 1470 pour une courte durée cependant. Fort de l'appui des troupes de la ville et de l'évêque de Strasbourg, Phillipe de Mullenheim récupère ses droits en 1471.

En 1525, les paysans révoltés lors de la guerre des Rustauds seront massacrés sans pitié au pied du château. L'Ortenbourg changera encore de main en 1551 pour échoir à Nicolas de Bollwiller. Les troupes suédoises prennent sans effort la place en 1632 mais seront surpris lors d'une attaque menée par des paysans fidèles au pouvoir impérial et le château sera démantelé en 1633. La ruine sera successivement attribuée aux Fugger d'Augsbourg, aux nobles de Zurlauben (1681), à la famille Choiseul-Meuse (1710) et au barons de Faviers (1812).

L'Ortenbourg est conçu sur un plan polygonal et est reconnu comme l'un des châteaux-forts rhénaux le mieux pensé d'un point de vue défensif et résidentiel. Le Dictionnaire des monuments historiques le qualifie de «chef-d'œuvre de l'architecture militaire».

Construit sur une arrête rocheuse de 130 mètres de long, le château est entouré du coté de l'attaque d'un fossé artificiel  creusé pour accroître les défenses du site et qui a servi également de carrière pour la construction. L'imposant donjon pentagonal s'élève à une hauteur de 32 mètres mais pour seulement 4 mètres de largeur intérieure et le mur bouclier de 17 mètres de haut sont remarquables de loin. Les trous de boulin visibles de nos jours laissent supposer l'existence de hourds en haut du donjon et des remparts. De multiples archères à niche (parmi les toutes premières de l'histoire de l'architecture militaire alsacienne) sont visibles et permettaient aux défenseurs du château de défendre aisément la place. De plus on distingue trois rangées de meurtrières qui venaient renforcer la défense.

L'intérieur du château est de style gothique. Les fenêtres géminées en grès, les salles vastes avec des fenêtres à coussièges, la citerne, l'existence d'une cuisine, des traces de cheminées ainsi que de latrines laissent imaginer le confort et le faste de ce château.

Dans la cour du château
A l'intérieur du château, il ne subsiste que de rares vestiges des écuries et des communs ainsi que les fenêtres en arc brisé du logis seigneurial. Cependant, sa taille imposante et son architecture militaire du XIIIe siècle en font une des ruines les plus intéressante à visiter en Alsace.